
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure aux universités d'été des Ecologistes, à Strasbourg, le 21 août 2025 ( AFP / SEBASTIEN BOZON )
Proposer une alternative crédible à François Bayrou. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure est très attendu vendredi à Blois où il entend faire "la démonstration qu'il existe un autre chemin" que le budget "inacceptable" du Premier ministre qui continue de son côté sa campagne pour ne pas tomber le 8 septembre.
En inaugurant la Foire de Châlons-en-Champagne, François Bayrou a livré un nouveau plaidoyer, au nom de la jeunesse, pour justifier sa décision de demander la confiance de l'Assemblée sur l'état des finances publiques et l'ampleur de l'effort à accomplir en 2026.
La dette, dont la charge est croissante d'année en année, "c'est l'esclavage des plus jeunes", "qui sont bloqués dans leur projet de vie", a-t-il martelé, en appelant les "boomers" - les retraités - à ne "pas se désintéresser de la situation faite aux jeunes".
Le Premier ministre a été accueilli par quelques manifestants. Mais les syndicats réservent leurs forces pour la journée de mobilisation qu'ils ont décidée le 18 septembre contre ce qu'ils nomment "le musée des horreurs du projet de budget". Une date qui leur laisse aussi le temps d'apprécier l'ampleur du mouvement "bloquons tout" du 10 septembre, né sur les réseaux sociaux, et les suites politiques de la probable chute de François Bayrou.
Car, comme les autres partis de gauche et le RN, le PS a déjà annoncé qu'il voterait contre la confiance. Et il réclame qu'Emmanuel Macron laisse la possibilité de gouverner à la gauche, arrivée en tête des législatives anticipées de 2024.
- "Désordre et chaos" -

Le Premier ministre François Bayrou prononce un discours lors de la réunion des entrepreneurs français La REF 2025, au stade Roland-Garros à Paris, le 28 août 2025 ( POOL / Thibaud MORITZ )
C'est d'ailleurs "pour lui redire" qu'ils proposent "un autre chemin et une autre méthode" que les socialistes iront la semaine prochaine à Matignon, où M. Bayrou a invité tous les chefs de partis.
Mais la France insoumise et les Ecologistes ont refusé de se rendre à ces consultations de la dernière chance. Contrairement à Jordan Bardella et Marine Le Pen, qui seront reçus mardi matin.
Autant d'opposants à qui M. Bayrou a encore reproché vendredi de vouloir "la chute du gouvernement, et après (...) le désordre et le chaos".
Un discours "du camp de la raison" que M. Faure aura à coeur de démonter dans son discours en fin de journée, assure le secrétaire général du PS Pierre Jouvet.
Le patron des socialistes a aussi promis que des propositions "concrètes" seront présentées samedi pour faire "la démonstration qu'il est possible de désendetter le pays".

Le député du groupe Socialistes et apparentés, Philippe Brun, s'adresse aux journalistes au centre de conférences Prouvé à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 15 juin 2025 ( AFP / Jean-Christophe VERHAEGEN )
Il s'agit de détailler "la copie la plus crédible possible", avec "des recettes, de vraies économies et un plan de relance pour l'industrie", esquisse le député Philippe Brun.
L'effort budgétaire, qui reposera d'abord sur les plus riches et les grandes entreprises, sera bien inférieur aux 44 milliards défendus par M. Bayrou pour 2026 et sera étalé sur plusieurs années.
Un désaccord de fond avec François Bayrou, qui estime que ces 44 milliards sont "une première marche" indispensable pour réduire le déficit public à moins de 3% du PIB en 2029, seuil à partir duquel la dette n'augmenterait plus selon lui.
- "Gouvernement de gauche" -

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure le 19 juin 2025, à Paris ( AFP / EMMA DA SILVA )
"Nous sommes la solution", a assuré jeudi Olivier Faure, qui semble se poser en potentiel Premier ministre, poste qu'il avait déjà revendiqué il y a un an, en vain, auprès de ses partenaires du Nouveau Front populaire (NFP).
Mais pas question de proposer un nom pour Matignon, assurent les socialistes, peu disposés à se déchirer sur une personnalité.
Même si beaucoup doutent de la volonté du chef de l'Etat de nommer une personnalité issue de leurs rangs, les socialistes échafaudent le scénario d'un "gouvernement de gauche minoritaire" qui négocierait un accord de non-censure et de non-utilisation du 49.3 avec le bloc central, mais sur "une base politique de gauche".
Le PS espère bien "embarquer" avec lui ses partenaires: Ecologistes, communistes, ex-insoumis, Générations, qui seront tous rassemblés à Blois pour un meeting commun.

La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, lors d'un débat organisé à l'événement de rentrée du Medef, le 28 août 2025 à Paris ( AFP / Thibaud MORITZ )
Emmanuel Macron "n'a pas d'autre choix que de nous nommer", a répété vendredi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
Un gouvernement "de Ruffin et Roussel à Glucksmann", espère Pierre Jouvet, même si le patron de Place publique Raphaël Glucksmann, qui sera présent à Blois, semble vouloir jouer sa partition seul pour 2027.
Quant aux Insoumis, avec qui les relations sont exécrables, les plus optimistes les voient en "soutien sans participation".
Ce qui est loin d'être acquis. Le député LFI Eric Coquerel a ainsi exclu vendredi de "faire un chèque en blanc à des gens dont on ne sait pas quelle politique ils vont adopter". Son leader Jean-Luc Mélenchon donnera le ton lors d'un meeting à Paris à 19h00.
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